La diversité linguistique : source de conflit ou vecteur de paix

Selon l’UNESCO, il existerait plus de 6000 langues dans le monde (tous statuts confondus). Cette diversité linguistique n’est pas la même dans tous les États, car la distribution des langues change en fonction des territoires. Les langues jouent à la fois un rôle de communication et un rôle identitaire qui pour certains, seraient facteurs de conflit ou tout contraire un outil de cohésion sociale.

Les langues, sources de conflits

La diversité linguistique au service de la paix

 

Des interlocuteurs, surtout de langues minoritaires, ressentent parfois d’énormes frustrations. Minoritaire, négligée, leur langue d’usage peut se révéler déficiente à bien des égards. Comment se faire entendre et avoir voix au chapitre quand notre langue est minoritaire ? Comment s’intégrer quand les politiques linguistiques, administratives et éducatives promeuvent et imposent une langue « dominante » et par conséquent favorisent ses interlocuteurs ? Certains se sentent délaissés, à la limite ignorés au profit de la communauté linguistique majoritaire. Tout cela peut renforcer un sentiment de discrimination, créer des griefs et être à l’origine de revendications. Si celles – ci ne sont pas prises en compte, cela peut engendrer des velléités séparatistes qui après escalade peuvent fortement endommager la cohésion sociale d’une nation.

Tout comme il existe des conflits intranationaux sur fond de guerre interreligieuse ou interethnique, il en existe également sur fond de guerre linguistique. C’est le cas au Cameroun où sévit une crise enclenchée par des revendications au Nord-Ouest et au Sud-Ouest du pays, les deux régions anglophones du pays. C’est également le cas en Espagne, où la catalogne réclame son indépendance et cela non sans violence (dans le passé, l’ETA a perpétré des attaques terroristes).

Les langues, vecteurs de paix

Plusieurs personnes estiment que les langues ne peuvent en aucun constituer une source de conflits, car leur rôle premier est d’assurer la communication et donc, la cohésion. Même si la langue est l’élément qui différencie deux communautés en conflit, elle n’est pas pour autant source de division, mais de richesses. Le conflit est souvent symptomatique d’une crise politique plus profonde, d’un sentiment de discrimination d’une communauté en faveur ou pire encore aux dépens d’une autre. Ainsi, une cohabitation bien gérée ne peut qu’être facteur de développement durable donc de paix. Cette gestion du multilinguisme peut se faire par des politiques inclusives pouvant être :
– Éducatives : mise sur pieds des systèmes éducatifs multilingues accessibles à tous les groupes indépendamment de leurs langues. C’est le cas au Canada, en Suisse
– Linguistiques pour promouvoir certaines langues minoritaires. C’est pourquoi on légifère parfois sur le statut des langues en fonction de la situation. Ainsi, certaines langues ont été déclarées « langue nationale » ou mieux encore « langue officielle » pour favoriser le sentiment d’appartenance et l’intégration nationale de ces interlocuteurs. Exemple : le Wolof au Sénégal ou l’Allemagne en Suisse.
Ces politiques doivent être inclusives ; autrement certains citoyens se sentiront marginalisés. On note parfois des politiques de « discriminations positives » en faveur des communautés minoritaires défavorisées du seul fait du contexte sociolinguistique d’un État à un moment donné.
Comment l’outil de communication pourrait être source de division ? La langue n’est donc pas le problème, mais la gestion qui en est faite et le traitement auquel sont soumis les interlocuteurs. Une gestion plus juste de la diversité linguistique favoriserait l’intégration de chaque communauté et la cohésion sociale ne s’en trouvera que renforcée. Cela explique la paix dans les pays au multilinguisme officiel ou non. Selon vous, la diversité linguistique est-elle plus une source de conflit que de paix ?